Mois de fronde à Mohéli
Depuis l'adoption par le Congrès, le 1er mars, de la prolongation
d'un an et demi du mandat du chef de l'État, qui devait se terminer le 26 mai, l'île est le théâtre d'affrontements entre opposants et militaires.
Il ne se passe habituellement pas grand-chose à Mohéli, la plus petite et la moins peuplée (35 000 habitants) des quatre îles de l'archipel des Comores. Convoitée par les touristes français venant de Mayotte pour la beauté de ses paysages et sa tranquillité, « l'île endormie » connaît pourtant, depuis un mois, des nuits bien agitées.
Route – il n'en existe qu'une – régulièrement barrée à l'entrée de Fomboni, rues barricadées presque tous les soirs, interventions musclées de l'armée... « On a rarement vécu une telle situation ici, se désole Djabir, un habitant de la capitale mohélienne. Le soir, des jeunes érigent des barricades. Immédiatement, les militaires répliquent. Ils les poursuivent, pénètrent dans les maisons et forcent les gens à enlever les pierres. Parfois, ils les dégagent eux-mêmes. »
Depuis un mois, une cinquantaine de soldats de l'Armée nationale de développement (AND) ont été envoyés sur l'île pour renforcer une gendarmerie en sous-effectif. Leur mission : mater la révolte motivée par la prolongation de dix-huit mois du mandat d'Ahmed Abdallah Sambi, ce qui repousse à novembre 2011, au lieu de mai 2010, l'élection du futur président, qui devra être originaire de Mohéli.
Plusieurs plaintes de manifestants violentés ont été déposées auprès du tribunal de Fomboni où, selon un magistrat, une enquête a été ouverte. Ce dernier reconnaît des abus, mais récuse les allégations de l'opposition, qui parle de « cas de torture ». La Fondation comorienne des droits de l'homme a quant à elle condamné « l'usage de la force par les militaires » et dénoncé la décision du gouvernement d'interdire les manifestations politiques. Le 25 mars, des opposants grand-comoriens ont été empêchés de rejoindre Mohéli par la mer, où ils comptaient participer à un meeting. « Nous sommes en état de siège. On ne sait pas jusqu'où ça va aller », estime Mahmoud Ben Cheick, l'un des meneurs de la fronde. « Les radicaux ont pris l'ascendant. Nous sommes dépassés, regrette le député d'opposition Abdallah Said Sarouma. Plus on approche du 26 mai [jour où le mandat de Sambi aurait dû expirer, NDLR], plus les gens parlent d'indépendance. »
Il ne se passe habituellement pas grand-chose à Mohéli, la plus petite et la moins peuplée (35 000 habitants) des quatre îles de l'archipel des Comores. Convoitée par les touristes français venant de Mayotte pour la beauté de ses paysages et sa tranquillité, « l'île endormie » connaît pourtant, depuis un mois, des nuits bien agitées.
Route – il n'en existe qu'une – régulièrement barrée à l'entrée de Fomboni, rues barricadées presque tous les soirs, interventions musclées de l'armée... « On a rarement vécu une telle situation ici, se désole Djabir, un habitant de la capitale mohélienne. Le soir, des jeunes érigent des barricades. Immédiatement, les militaires répliquent. Ils les poursuivent, pénètrent dans les maisons et forcent les gens à enlever les pierres. Parfois, ils les dégagent eux-mêmes. »
Depuis un mois, une cinquantaine de soldats de l'Armée nationale de développement (AND) ont été envoyés sur l'île pour renforcer une gendarmerie en sous-effectif. Leur mission : mater la révolte motivée par la prolongation de dix-huit mois du mandat d'Ahmed Abdallah Sambi, ce qui repousse à novembre 2011, au lieu de mai 2010, l'élection du futur président, qui devra être originaire de Mohéli.
Plusieurs plaintes de manifestants violentés ont été déposées auprès du tribunal de Fomboni où, selon un magistrat, une enquête a été ouverte. Ce dernier reconnaît des abus, mais récuse les allégations de l'opposition, qui parle de « cas de torture ». La Fondation comorienne des droits de l'homme a quant à elle condamné « l'usage de la force par les militaires » et dénoncé la décision du gouvernement d'interdire les manifestations politiques. Le 25 mars, des opposants grand-comoriens ont été empêchés de rejoindre Mohéli par la mer, où ils comptaient participer à un meeting. « Nous sommes en état de siège. On ne sait pas jusqu'où ça va aller », estime Mahmoud Ben Cheick, l'un des meneurs de la fronde. « Les radicaux ont pris l'ascendant. Nous sommes dépassés, regrette le député d'opposition Abdallah Said Sarouma. Plus on approche du 26 mai [jour où le mandat de Sambi aurait dû expirer, NDLR], plus les gens parlent d'indépendance. »
Ceux qui osent dire que Moheli ne s'apprête pas à gouverner ont tort. Les arguments qu'ils avancent attisent la haine et sème la violence entre des frères et soeurs de même sang, de même histoire, de même religion et de même langue.
Ils ferment les yeux sur la vérité pour conduire les îles de la lune à la ruine. Certes, nos louages ne pleuvent pas sur ceux qui épaulent Sambi à souiller la tranquillité et la religion de notre cher pays.
Abdou Djohar